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L'église, bâtie au 13ème siècle, et dont le patron est Saint Martin, est construite de cailloux, avec contreforts en grès. Sa largeur dans œuvre est de 8 mètres et sa longueur de 22,60 mètres.
L'édifice comprend une nef principale au chevet en hémicycle, doublée au nord d'un collatéral aussi important ; celui-ci est aligné à l'ouest où il est surmonté du clocher, et présente deux pignons du côté Nord.
La partie la plus curieuse de l'ensemble est l'actuelle sacristie : elle est située au sud du chœur et se termine au sud par un hémicycle, comme une chapelle romane ou du gothique primitif ; à l'intérieur, voûte quadripartite à arêtes frustes et piscine au mur du côté ouest ; à l'extérieur, contreforts plats et corniche de pierre. Il s'agit donc d'une chapelle antérieure au reste du bâtiment.

Dans l'angle nord-ouest, s'élève une tour irrégulière, bâtie en grès et surmontée d'un clocher quadrangulaire couvert en ardoise. Cette tour constitue une autre curiosité architecturale : curieusement aboutée à la façade de la nef, elle présente du côté nord, sous un arc en anse de panier, un portail dont l'ouverture est à demi obturée. Le grès taillé est utilisé dans la partie basse de cette tour du côté nord ; on le retrouve aux contreforts de l'abside. Les carrières d'où il fut vraisemblablement extrait étaient toutes proches, sur le territoire même de la paroisse ; des marchés signalent l'emploi de ce "grais de Saint-Martin-de-Nigelles" jusqu'à Dreux (Hôtel de ville, 1512-1537, en concurrence avec la pierre de Vernon amenée par voie d'eau). La tour et le bas-côté ont dû être ajoutés à la nef du XIIIe siècle à cette époque.
A l'intérieur, la nef et le collatéral sont séparés par quatre arcs en plein cintre portés par de grosses colonnes, toutes différentes. Les voûtes sont lambrissées. Les fenêtres sont garnies de vitraux modernes historiés ou en grisailles.
Les documents du XIXe siècle conservent la trace des démêlés entre l'architecte Piébourg et le curé Louis-Parfait Bouthemard (1883-1886). Le premier proposait une voûte "à nervures", donc une fausse voûte gothique ; le second fit une offre léonine : il prenait les dépassements de crédit à sa charge si l'on construisait une voûte en bois comme l'ancienne. La différence étant bien sûr dans l'autre sens, il resta des fonds libres pour d'autres aménagements. D'où, peut-être, l'installation du mobilier néo-gothique, les lambris intérieurs et les bancs (1887).

Un ensemble de six pierres tombales assez exceptionnel est regroupé au fond du collatéral, dont celle, naïvement gravée, de Belot de Brichanteau, seigneur du lieu.
Pierres Tombales de Belot de Brichanteau et du Seigneur de la Perruche
En 1849, le Conseil Municipal, assisté des plus forts contribuables, demande aux autorités supérieures de venir au secours de la commune et de l'autoriser à s'imposer afin de procéder, dans l'intérêt public, à la refonte de la Cloche et à la réparation du Beffroi. Le montant global des travaux s'élève à 737 Francs.
En 1853, la même procédure est effectuée afin de solliciter des autorités supérieures, un secours et l'autorisation pour la commune de s'imposer afin de procéder à des réparations au Presbytère. Le montant des travaux est de 577,53 Francs.
Objets disparus : Groupe sculpté, XVIe siècle, classé M.H. (photographié en 1930)
Mobilier existant : 1 Retable secondaire, Confessionnal, 2 Statues, 3 Tableaux,
2 Bas-Reliefs, Vitraux modernes, 2 Bannières, 6 Pierres Tombales
Iconographie : Tableau et Statue en Bois (Annonciation), Bannière (Vierge de l'Apocalypse) Statue en bois polychromée (St Martin évêque), Tableau (Charité de
St Martin), Bannière (Apothéose de St Martin)
Nos Sources : - Bulletin de la Société Archéologique d'Eure-et-Loir - Spécial Inventaire Monumental - Edifices religieux du canton de Maintenon
(N° 32 - 1er trimestre 1992)
- Archives départementales d'Eure-et-Loir |